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Mesurer le rendement d'un investissement : au-delà de la plus-value

Un investisseur analyse les rendements de son portefeuille sur un écran

Vous placez 10 000 € et récupérez 15 000 €. Gain : +50 %. Belle performance, non ?

Minute papillon. Si ces 50 % ont pris 5 ans, votre rendement annuel est de 8,45 %. S'ils ont pris 10 ans, il tombe à 4,14 %. Le chiffre brut ne dit rien sans la durée. Et ce n'est que le premier piège : l'inflation, la régularité de vos versements et la méthode de calcul changent radicalement la lecture.

Le rendement cumulé : utile mais insuffisant

Le rendement cumulé est le plus simple : on divise le gain par la mise de départ. Dans notre exemple, c'est 50 %. Pas de notion de durée.

Le problème : impossible de comparer deux placements de durées différentes. Un rendement de 50 % en 3 ans est nettement supérieur à 50 % en 10 ans, mais le chiffre brut est identique. Pour comparer, il faut ramener le gain à une base annuelle.

Le rendement annualisé

Le rendement annualisé (souvent appelé CAGR) est le taux annuel constant qui, appliqué chaque année, produirait le même résultat final. C'est la métrique standard lorsqu'un fonds annonce « 10 % par an sur 20 ans ».

Le rendement annualisé lisse la volatilité : votre placement a pu faire +20 % une année, -10 % la suivante, puis +15 %. Il ramène tout cela à un seul chiffre annuel comparable.

Connaissez-vous le rendement annualisé de votre propre portefeuille ?

Le rendement réel : ce que l'inflation vous prend

Un placement qui rapporte 7 % par an semble confortable. Mais si l'inflation est de 3 %, votre pouvoir d'achat n'a progressé que de 3,88 %, pas 4 %. L'écart semble minime, mais il se creuse avec les années et les intérêts composés.

La distinction nominal/réel est fondamentale. Les rendements boursiers sont toujours exprimés en nominal. Pour évaluer ce qu'un placement vous apporte en termes de pouvoir d'achat, il faut soustraire l'effet de l'inflation. Le taux du Livret A, par exemple, est ajusté périodiquement pour suivre l'inflation : son rendement réel reste proche de zéro par construction.

C'est le seul chiffre qui vous dit si vous vous êtes réellement enrichi.

TWR et MWR : le rendement du fonds vs le vôtre

Jusqu'ici, nous avons supposé un placement unique, sans versements ni retraits intermédiaires. En pratique, la plupart des investisseurs ajoutent de l'argent régulièrement. Deux méthodes mesurent le rendement dans ce cas, et elles peuvent donner des résultats très différents.

TWR : la performance du placement

Le TWR isole la performance de l'investissement en éliminant l'effet des flux (versements et retraits). C'est la méthode utilisée par les fonds selon les normes GIPS du CFA Institute, car elle permet de comparer des gérants entre eux indépendamment des décisions de leurs clients.

Le TWR répond à la question : « Comment s'est comporté ce placement ? »

MWR : votre performance à vous

Le MWR (équivalent du TRI) tient compte du montant et du moment de chaque versement. C'est votre rendement personnel, celui qui reflète vos décisions.

Prenons un exemple concret. Un fonds fait +20 % la première année, puis -5 % la deuxième :

  • Année 1 : vous avez investi 1 000 €. Le fonds gagne 20 %. Vous avez 1 200 €.
  • Année 2 : vous ajoutez 9 000 € (total en portefeuille : 10 200 €). Le fonds perd 5 %. Il vous reste 9 690 €.

Le TWR du fonds reste positif : il a fait +20 % puis -5 %, soit environ +14 % sur deux ans. Mais vous, vous avez investi 10 000 € au total et vous avez 9 690 €. Votre MWR est négatif.

L'écart entre les deux chiffres révèle l'impact de vos décisions : le moment où vous ajoutez de l'argent (ou en retirez) modifie radicalement votre résultat.

Votre courtier affiche-t-il le TWR ou le MWR ?

Quel rendement regarder ?

Chaque métrique répond à une question précise :

  • Comparer deux placements de durées différentes : rendement annualisé
  • Vérifier si votre épargne progresse en pouvoir d'achat : rendement réel
  • Évaluer un fonds ou un ETF : TWR
  • Savoir combien vous avez gagné : MWR

L'écart entre le TWR et le MWR est souvent révélateur. Il mesure le coût du comportement de l'investisseur : acheter au sommet parce que tout le monde en parle, vendre au creux par panique. Selon l'étude Mind the Gap de Morningstar (2025), cet écart coûte en moyenne 1,2 point de rendement par an aux investisseurs particuliers.

Si votre MWR est inférieur au TWR de votre portefeuille, la question n'est pas de changer de placement, mais de revoir votre discipline d'investissement.

Au fond, aucune de ces métriques ne répond à la seule question qui compte : avez-vous assez pour atteindre vos objectifs ? Un rendement annualisé de 12 % ne sert à rien si vous épargnez trop peu. Un MWR médiocre importe peu si votre patrimoine couvre vos besoins. Les chiffres sont des outils de diagnostic, pas une fin en soi. C'est tout l'intérêt de formaliser vos objectifs dans un Investment Policy Statement : il replace chaque métrique dans le contexte de votre vie.

Et vous ?

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