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Mythe du timing en bourse : guide de l'investissement long terme

Un homme regardant sa montre, symbolisant le timing en bourse

On a tous entendu cette phrase : « Il faut acheter au plus bas et vendre au plus haut. »

Facile à dire. Dans la réalité, personne ne peut prédire l'avenir du marché. Pas même les experts.

Le timing parfait est un mythe. Ce qui compte vraiment, c'est le temps passé investi et la régularité. Pourtant, on continue souvent à chercher ce moment parfait où l’on se dit : « C’est maintenant ou jamais ! »

Dans cet article, je vous propose de démystifier la notion de « timing parfait » et de comprendre pourquoi, bien qu’important, le timing n’est pas l’élément le plus déterminant pour réussir en bourse.

Comprendre la part de chance dans l’investissement

La chance joue un rôle indéniable. Les marchés restent imprévisibles, même avec toutes les analyses possibles.

Si vous aviez investi au plus bas de 2008, vous auriez réalisé de beaux profits. Mais qui pouvait savoir que c'était le plus bas ?

Un investisseur qui aurait acheté juste avant la crise aurait vu son portefeuille chuter de 40%. Pourtant, s'il était resté investi et avait continué régulièrement, il aurait doublé sa mise dix ans plus tard.

La leçon ? Le hasard peut jouer contre vous à court terme. Mais à long terme, ce qui compte, c'est votre régularité et votre persévérance.

« Il ne s'agit pas de prédire, mais de participer. »

Timing vs. Temps : quel est vraiment le facteur clé ?

Investir au bon moment peut être très payant. Mais c'est le temps qui produit les meilleurs résultats grâce aux intérêts composés.

Les intérêts composés : le pilier de la croissance à long terme

Les intérêts composés permettent à vos gains de générer de nouveaux gains. C'est simple : même de petits investissements réguliers deviennent significatifs avec les années.

Exemple :

  • Si vous investissez 100€ par mois avec un rendement annuel moyen de 7%, vous aurez environ 17 200€ après 10 ans.
  • Si vous attendez 5 ans avant de commencer, vous n'aurez que 7 160€ après 5 ans d'investissement.

Le démarrage compte autant que la fréquence : plus tôt vous commencez, mieux c'est.

Marchés financiers : croissance historique malgré les crises

À long terme, les marchés boursiers ont historiquement augmenté.

Prenons le S&P 500 : en 30 ans, il est passé de 1 000 points à plus de 6 000. Dans cet intervalle, trois crises majeures ont secoué les marchés. Pourtant, la tendance générale reste nettement à la hausse.

Cela ne veut pas dire qu'il faut ignorer les risques. Investir la totalité de votre capital à la veille d'une crise peut faire très mal, surtout si vous en avez besoin à court terme.

Le marché est-il vraiment imprévisible ?

Jusqu'ici, j'ai principalement parlé d'investissement passif, mais il y a deux facteurs fondamentaux à ne pas négliger :

  1. La psychologie des investisseurs
  2. Les cycles économiques

La psychologie des marchés

Les investisseurs sont humains. Leurs comportements, bien que parfois irrationnels, restent prévisibles pour l'observateur attentif.

  • En période de croissance : la cupidité, personne ne veut rater le train en marche.
  • En période de récession : la peur, tout le monde veut sortir avant que ça baisse.

Ces deux comportements s'auto-alimentent, créant des phases d'euphorie et de panique.

Comprendre cette mécanique vous aide à prendre du recul et à agir plus rationnellement.

« Le meilleur moment pour acheter, c'est quand le sang coule dans les rues. »

Baron Rothschild

En d'autres termes, ce sont souvent les crises qui offrent les meilleures opportunités pour ceux qui savent garder leur sang-froid.

Cycles économiques: comment identifier où nous sommes

L'économie n'est pas une ligne droite. Elle évolue par phases : expansion, pic, récession et creux. Chaque phase influence différemment les marchés financiers.

Savoir identifier, même approximativement, où vous vous situez peut vous aider à affiner vos décisions, y compris en tant qu'investisseur passif.

Comment réagir en cas de baisse des marchés ?

Avant même d'investir, assurez-vous que votre portefeuille d'investissement est adapté à votre tolérance au risque et à vos objectifs.

Si vous paniquez à la moindre baisse, il vaut mieux revoir votre allocation.

Un bon investisseur fait preuve de sang-froid :

  • Il a confiance en sa stratégie
  • Il garde le cap, même quand tout semble s’écrouler autour de lui

Car vendre pendant une baisse, c’est transformer une perte potentielle en perte réelle. Les marchés finissent toujours par remonter à condition de rester investi.

Exemple :

  • Vous investissez 10 000€ en 2008, juste avant le crash. Votre portefeuille perd 50% de sa valeur.
  • Si vous vendez dans la panique, vous perdez définitivement 5 000€.
  • En restant investi, vous récupérez votre mise initiale en 2013, puis vous la doublez en 2018.

Le mot d'ordre : ne pas paniquer et adopter une vision de long terme.

Les principales stratégies d’investissement

Passons en revue différentes façons d'investir sans faire une fixation sur le timing parfait.

Lump-Sum Investing (Investissement unique)

L'approche "all-in" : vous investissez toute votre somme d'un seul coup.

  • Avantage : très rentable si le marché monte rapidement après votre entrée.
  • Inconvénient : en cas de crise juste après votre investissement, la chute peut être rude.

Historiquement, c'est tout de même la méthode la plus rentable à long terme, à condition de rester investi.

Dollar-Cost Averaging (DCA)

Le DCA consiste à investir une somme fixe à intervalles réguliers, peu importe l'état du marché.

Ainsi, vous achetez plus de parts quand les prix sont bas et moins quand ils sont hauts.

Si le sujet vous parle, j’explique aussi la différence de logique entre trading et investissement (horizon, contraintes, objectifs).

Exemple :

  • Investir 1 000€ en une fois juste avant la crise de 2008 aurait été douloureux.
  • Investir 100€ par mois de 2007 à 2009 aurait permis de profiter des prix très bas au cœur de la crise.

Value Averaging

Une variante plus complexe que le DCA.

Vous vous fixez un objectif de valeur de portefeuille à atteindre chaque mois (ex. 1 000€ de plus qu'au mois précédent) :

  • Si votre portefeuille est "en retard" par rapport à l'objectif, vous investissez davantage.
  • S'il est "en avance", vous investissez moins ou vous retirez une partie.

Cette stratégie demande plus de suivi et de discipline, mais elle peut maximiser vos achats pendant les périodes de baisse.

Trend Following (moyennes mobiles)

Pour ceux qui préfèrent une approche plus active, il existe des méthodes de Trend Following basées sur des indicateurs comme les moyennes mobiles (ex. 50 ou 200 jours).

L'idée est de suivre la tendance du marché :

  • Signal d'achat : le cours repasse au-dessus de la moyenne mobile.
  • Signal de vente : le cours repasse en dessous de la moyenne mobile.

Cette stratégie permet parfois d'éviter de rester investi pendant les grosses chutes, mais elle peut générer de faux signaux et exiger un suivi plus régulier.

Elle est donc moins adaptée à un investisseur totalement passif.

Conclusion : le meilleur moment pour investir, c’est maintenant

Plutôt que de chercher désespérément le timing idéal, commencez à investir dès que possible.

La régularité et la patience sont bien plus puissantes que n'importe quelle tentative de prédire la direction des marchés.

En bourse, ce n’est pas celui qui prédit le mieux qui gagne, mais celui qui reste investi le plus longtemps.

Sources

Et vous ?

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