Ce guide s'adresse à celles et ceux qui veulent commencer à investir, mais ne savent pas où commencer.
Et vous allez voir, c'est vraiment simple.
La méthode repose sur trois principes :
- maîtriser les frais,
- diversifier le risque,
- tenir dans la durée.
L'objectif est simple : vous accompagner de bout en bout, du choix de l'enveloppe au premier investissement, avec des choix concrets, applicables en France.
Avant d'aller plus loin
Je ne reviens pas ici sur les bases de l'investissement.
Avant de vous lancer, vérifiez simplement ces quatre points :
- j'ai un horizon d'investissement d'au moins 5 ans,
- j'ai une épargne de précaution équivalente à trois mois de dépenses,
- j'ai une idée claire de mon profil de risque,
- j'ai quelques minutes disponibles chaque mois pour gérer mon portefeuille.
Définir son allocation
Pour le cœur du portefeuille, deux actifs suffisent : les actions
et les obligations
.
Pas d'immobilier, de crypto, de shitcoin, de penny stocks, d'actions Tesla. Ici, on ne spécule pas, on investit. Juste ces deux actifs.
Les actions servent la croissance.
Les obligations apportent de la stabilité.
Le reste viendra plus tard. Commençons par l'essentiel : une allocation cohérente avec votre horizon et votre tolérance au risque.
Profils courants :
| Profil | Allocation | Horizon |
|---|---|---|
| Conservateur | 100 % obligations | Projet à court terme |
| Prudent | 20 % actions / 80 % obligations | Profil très défensif |
| Modéré | 60 % actions / 40 % obligations | Base solide pour débuter |
| Dynamique | 80 % actions / 20 % obligations | Horizon long |
| Agressif | 100 % actions | Horizon très long (15 ans et plus) |
J'ai moi-même démarré avec une allocation 60/40. J'ai ajusté progressivement, après avoir traversé plusieurs corrections de marché.
Où loger vos actifs ?
Pour débuter, je recommande sans hésiter l’assurance-vie.
Même si vous investissez plus tard via un PEA ou un PER, il est utile d’ouvrir un contrat au plus tôt. Il vous servira toujours.
Pourquoi ?
- ticket d'entrée faible,
- large choix d'ETF et d'actifs diversifiés,
- fiscalité avantageuse après huit ans,
- liquidité (contrairement au PER),
- fonds euros garantis jusqu'à 70 000 € par assureur,
- versement mensuel dès quelques dizaines d'euros, pratique avec un petit budget.
L’assurance-vie n’est pas parfaite, mais elle fait très bien le job pour démarrer sereinement.
Assureur et courtier : comprendre la différence
En assurance-vie, vous ne détenez pas directement les actifs.
L’assureur les porte et garantit leur restitution. Le courtier distribue le contrat.
En pratique, deux critères comptent vraiment :
- le choix d’ETF disponibles,
- le niveau de frais.
Les courtiers en ligne sont aujourd’hui les plus compétitifs : pas de frais de dossier, pas de frais de versement, pas de frais d’arbitrage, et une gestion 100 % en ligne.
Assureurs avec un large catalogue d'ETF :
- Suravenir
- Spirica
- Cardif
Courtiers en ligne que je connais :
- Linxea
- Assurancevie.com
Quelques contrats souvent cités :
Faites vos propres recherches. Des sites comme Avenue des Investisseurs ou Finance Héros peuvent aider, en gardant en tête que leurs comparatifs ne sont pas toujours neutres.
Ouvrir son contrat
L’ouverture d’un contrat se fait aujourd’hui entièrement en ligne.
Rien de compliqué, mais autant être prêt.
Avant de commencer, ayez sous la main une pièce d’identité, un justificatif de domicile et un RIB.
Le reste se fait pas à pas.
Le courtier vous posera quelques questions réglementaires sur votre situation et votre tolérance au risque.
Répondez simplement. Si vous hésitez, ce n’est pas grave.
Le premier versement est généralement de quelques centaines d’euros.
Pour le mode de gestion, choisissez la gestion libre
: c’est vous qui décidez. C’est plus simple que ça n’en a l’air, et généralement moins cher.
Une fois le dossier validé, comptez quelques jours avant que le contrat soit actif.
Faire son premier investissement
Le contrat est actif. Vous avez reçu l’email de confirmation. Félicitations !
Il est temps de passer à l’étape suivante : investir.
Pour débuter, le support le plus simple reste l’ETF.
Un ETF est un fonds coté, facile à acheter et à vendre, qui donne accès à des milliers d’entreprises dans le monde.
Les frais sont très faibles, souvent compris entre 0,10 % et 0,20 % par an.
Pour savoir comment en choisir un, j'ai détaillé la méthode dans un guide dédié.
Concrètement, connectez-vous à l’espace client de votre assurance-vie.
Par défaut, les sommes versées sont placées sur le fonds euros. Il faut donc faire un arbitrage : sortir du fonds euros et acheter les ETF choisis.
L’interface vous guide pas à pas, sélectionnez les ETF mentionnés, et répartissez-les selon les pourcentages que nous allons voir ensuite.
Quels ETF utiliser
En théorie, un seul indice mondial suffit. Il faut ratisser large : plus votre portefeuille est diversifié par pays et par secteur, mieux c’est.
Les deux références les plus connues sont :
- le
MSCI All Country World
, - le
FTSE All-World
.
Ils couvrent plusieurs milliers d’entreprises, réparties sur l’ensemble des zones géographiques.
En pratique, aucun ETF répliquant directement ces indices n’est disponible en assurance-vie.
La solution consiste donc à les reconstituer avec deux briques :
MSCI World
(pays développés) : 88 %,MSCI Emerging Markets
(pays émergents) : 12 %.
Cette combinaison permet de retrouver une exposition proche d’un indice mondial, avec très peu de lignes.
Exemples d’ETF généralement disponibles dans les contrats :
| ETF | Code ISIN | Exposition |
|---|---|---|
| Amundi Core MSCI World UCITS ETF Acc | IE000BI8OT95 | 88 % (pays développés) |
| Amundi MSCI Emerging Markets Swap UCITS ETF | LU1681045370 | 12 % (pays émergents) |
Si les noms vous semblent obscurs, c'est normal. J'explique comment les décrypter simplement.
La poche obligataire
Pour la partie obligataire, les choses se compliquent légèrement.
En assurance-vie, il n’existe pas d’ETF réellement équivalent à un indice obligataire mondial diversifié, comme le Bloomberg Global Aggregate (un indice qui combine obligations d’État et d’entreprises).
À défaut, le fonds euros
du contrat joue ce rôle.
Il apporte de la stabilité et réduit la volatilité globale du portefeuille.
Il est composé majoritairement d’obligations d’État en euros, complétées par une petite poche d’actifs diversifiants pour améliorer le rendement.
Voici quelques exemples de fonds:
- Suravenir Rendement 2
- Suravenir Opportunité 2
- Spirica Fonds Euro Nouvelle Génération
- Cardif Fond Général
Ce n’est pas parfait, mais dans ce cadre précis, c’est une solution cohérente.
Exemple d’allocation
Prenons un cas concret.
Vous ciblez une allocation 60 % actions / 40 % obligations
.
La poche actions est répartie comme suit :
MSCI World
(pays développés) : 88 %,MSCI Emerging Markets
(pays émergents) : 12 %.
Le calcul est simple :
- MSCI World = 60 % × 88 % = 52,8 %
- MSCI Emerging Markets = 60 % × 12 % = 7,2 %
- Fonds euros (poche obligataire) = 40 %
Deux ETF pour la croissance, un fonds euros pour la stabilité.
Une allocation lisible, facile à maintenir dans le temps.
Encore plus simple : l’allocation tout-en-un
En bonus, si vous voulez encore plus simple, les contrats Spirica offrent une alternative intéressante : les ETF Vanguard LifeStrategy
.
Le principe est clair : un seul ETF qui combine actions et obligations, avec un rééquilibrage automatique pour 0.25 % de frais. Difficile à battre.
Il existe quatre versions, selon le niveau de risque :
| ETF Vanguard LifeStrategy | Code ISIN | Profil |
|---|---|---|
| LifeStrategy 20 % actions | IE00BMVB5K07 | Profil prudent |
| LifeStrategy 40 % actions | IE00BMVB5M21 | Modéré-prudent |
| LifeStrategy 60 % actions | IE00BMVB5P51 | Modéré |
| LifeStrategy 80 % actions | IE00BMVB5R75 | Dynamique |
Une seule ligne suffit.
Vous n’avez rien à arbitrer, rien à ajuster. Vanguard s’occupe du rééquilibrage.
Automatiser et ne plus y penser
Une fois le premier investissement réalisé, la meilleure décision à prendre est d’automatiser.
Mettez en place des versements programmés.
Ils permettent d’investir régulièrement, sans se poser de questions, et de lisser naturellement les points d’entrée.
C'est aussi un bon moyen de se protéger de soi-même.
Moins de décisions, moins d'émotions. Moins de biais cognitifs.
L’activation se fait simplement auprès du courtier.
Ensuite, vous laissez faire.
La régularité bat le timing du marché.
Trop simple ?
Cette approche peut sembler trop simple.
Pourtant, elle est loin d'être marginale. Warren Buffett, souvent considéré comme l'un des plus grands investisseurs de tous les temps, recommande lui-même une allocation très basique : une large exposition aux actions diversifiées, complétée par une poche de liquidités. Rien de sophistiqué. Et ce n'est pas un hasard.
Pour la grande majorité des investisseurs particuliers, c’est largement suffisant pour investir efficacement sur le long terme.
L'investissement passif, diversifié et peu coûteux est largement documenté et soutenu par des décennies de recherches académiques et empiriques. Les constats sont constants : sur la durée, très peu d'investisseurs actifs parviennent réellement à faire mieux que le marché, une fois les frais et les biais comportementaux pris en compte.
L’erreur la plus fréquente est d’être hyperactif.
Trop d’actifs, trop de transactions, trop d’ajustements — et au final, des coûts qui s’accumulent.
Cette méthode fonctionne parce qu’elle s’adapte à la plupart des profils.
Elle demande peu de temps, peu de suivi, et laisse surtout la place à l’essentiel : la régularité.
Et vous ?
Partagez votre expérience et vos réflexions en commentaire.

