Cashbah devient FI After 40 — journal d'un quadra en route vers l'indépendance financière… à la française.

Comment investir une petite somme d'argent?

Un homme qui marche sur un chemin de montagne, symbolisant le parcours de l'investissement

J'ai commencé à investir en mai 2022. Pas une grosse somme d'un coup, mais une partie de mon salaire : 20 % au début, puis 30 %, puis 40 % au fil des augmentations et des économies que je faisais.

Avant ça, j'avais constitué mon épargne de précaution et appris à optimiser mes dépenses.

La plupart des guides parlent de placer 10 000 € ou 20 000 € d'un coup. Moi, je n'avais pas de capital de départ, juste ce que je pouvais mettre de côté en optimisant ma trésorerie.

Deux obstacles au départ : les frais et la complexité des choix. Sur un petit versement, 2 € de commission représentent plusieurs pourcents perdus avant même d'avoir investi. Et face à des centaines d'ETF, de supports, de stratégies, difficile de savoir par où commencer.

Voici les solutions qui marchent et comment construire progressivement un portefeuille cohérent.

Les vrais obstacles quand on investit peu

Les frais pèsent lourd

Sur 50 € investis, 2 € de frais = 4 %. Il faut 4 % de rendement juste pour revenir à zéro.

Les frais s'accumulent :

  • Frais de transaction : 0,5 à 2 € par ordre
  • Frais de gestion : 0,2 à 2 % par an sur le total
  • Frais d'entrée : jusqu'à 5 % sur certains produits
  • Tenue de compte : 0 à 30 € par an
  • Spread bid-ask : frais caché à chaque achat/vente (voir le spread ETF)

Une étude de Morningstar (2019) montre que les frais sont le meilleur prédicteur de performance à long terme — bien plus que les performances passées. Sur 30 ans, 1 % de frais en plus peut réduire votre capital final de 25 %.

Pour réduire les frais, choisissez un courtier low cost ou sans commission, des ETF à moins de 0,20 % de frais annuels, et limitez vos ordres au strict minimum.

Mon erreur au début : avoir un portefeuille avec trop de positions pour diversifier. Il vaut mieux un seul ETF World déjà bien varié que 4 ETF différents quand on débute.

Les montants minimums

Au début, j'ai voulu acheter un ETF World à 150 € la part. Mon premier versement était moins que ça.

J'avais trois options : attendre plusieurs mois pour cumuler (mais l'argent dort), utiliser l'achat fractionné sur Trade Republic ou XTB (0,67 part avec 100 €), ou passer par l'assurance-vie où les minimums sont plus bas.

La liquidité

Avec peu de moyens, bloquer son argent est risqué. Une dépense imprévue, et vous êtes coincé.

Le PER est bloqué jusqu'à la retraite. Les SCPI ont des délais de revente. Le Private Equity, c'est 5 à 10 ans minimum.

L'ordre logique : épargne de précaution d'abord, puis investissements liquides (compte-titres, assurance-vie), PER en dernier.

La fiscalité grignote vos gains

Sur un compte-titres ordinaire, la flat tax prend 30 % :

  • 12,8 % d'impôt sur le revenu
  • 17,2 % de prélèvements sociaux

100 € de gain → 70 € dans votre poche. Les moins-values sont déductibles des plus-values pendant 10 ans.

L'assurance-vie et le PEA offrent des avantages fiscaux, mais avec des contraintes :

  • Assurance-vie : exonération après 8 ans (hors prélèvements sociaux)
  • PEA : exonération après 5 ans (hors prélèvements sociaux)

Pour optimiser la fiscalité, privilégiez les ETF capitalisants : pas de dividendes, pas d'impôt immédiat. Utilisez le PER pour l'avantage fiscal, l'assurance-vie pour diversifier. Et avec peu de moyens, rééquilibrez votre portefeuille en achetant plutôt qu'en vendant.

Les supports d'investissement

L'assurance-vie

C'est souvent le premier support quand on débute avec peu de moyens. Vous pouvez verser dès 50 €/mois, la fiscalité devient avantageuse après 8 ans, et la transmission est optimisée.

Le piège : certains contrats sont très chers. Privilégiez les courtiers en ligne low cost plutôt que votre banque.

Le compte-titres ordinaire

La liberté totale : vous investissez où vous voulez, sans restriction géographique. Le revers de la médaille : flat tax à 30 % pour les résidents fiscaux français.

Certains investisseurs, comme moi, utilisent des comptes à l'étranger pour diversifier les devises (CHF, USD) ou s'exposer à d'autres marchés.

Le PER

L'avantage principal : la déduction fiscale immédiate. Si vous êtes imposé à 30 %, 100 € versés ne coûtent que 70 €. Le prix à payer : votre argent est bloqué jusqu'à la retraite (sauf achat résidence principale).

C'est surtout un outil fiscal. Avec un horizon lointain, une allocation 100 % actions est cohérente.

Le PEA

Exonération fiscale après 5 ans (hors prélèvements sociaux 17,2 %). Le compromis : univers d'investissement limité.

Pour les résidents fiscaux français, c'est un bon choix. Personnellement, je n'utilise pas cette enveloppe.

Construire son portefeuille

Les ETF diversifiés

Un seul ETF couvre le monde entier. Le Vanguard FTSE All-World couvre environ 3 700 entreprises dans 50 pays pour seulement 0,19 % de frais.

Exemples d'ETF accessibles :

  • Vanguard FTSE All-World : exposition mondiale, 0,19 % de frais
  • iShares MSCI ACWI : environ 2 300 entreprises (pays développés + émergents), 0,20 % de frais
  • iShares Core MSCI World : environ 1 500 entreprises, 0,20 % de frais
  • Amundi MSCI World : éligible PEA, 0,38 % de frais

Si vous voulez décrypter les noms d'ETF, j'ai écrit un guide complet.

Pourquoi les ETF ? Selon une étude de Vanguard (2020) : 80 % des fonds actifs sous-performent leur indice sur 15 ans. Les ETF passifs battent la majorité des gérants, pour 10 fois moins cher. C'est la base de l'investissement passif.

Les allocations selon votre profil

Si vous ne voulez pas gérer plusieurs ETF, les fonds d'allocation font le travail pour vous. Trois profils classiques : prudent (80 % obligations, 20 % actions), équilibré (60/40), ou dynamique (80 % actions, 20 % obligations).

Exemples concrets selon votre profil :

Profil prudent (20 % actions, 80 % obligations) :

  • Vanguard LifeStrategy 20% Equity : 0,25 % de frais

Profil équilibré (40-60 % actions) :

  • Vanguard LifeStrategy 40% Equity : 0,25 % de frais
  • Vanguard LifeStrategy 60% Equity : 0,25 % de frais

Profil dynamique (80 % actions, 20 % obligations) :

  • Vanguard LifeStrategy 80% Equity : 0,25 % de frais
  • Xtrackers Portfolio UCITS ETF : allocation équilibrée, 0,70 % de frais

Avec 20 ans devant soi, une allocation 80-100 % actions est cohérente. Si vous êtes proche de la retraite, visez 60/40 ou 50/50.

Mon allocation actuelle (75 % actions, 21 % alternatifs, 3 % obligations) est détaillée dans mon portefeuille.

Les robo-advisors

Les robo-advisors automatisent tout : allocation, rééquilibrage, optimisation fiscale. Gestion professionnelle, diversification automatique, accessible dès 100 €.

Le problème : les frais. Yomoni et Nalo facturent environ 1,6 %/an. Sur 10 000 €, ça fait 160 €/an.

C'est utile pour débuter et se rassurer. Mais une fois les principes de base compris, gérer soi-même coûte 10 fois moins cher.

J'ai moi-même commencé chez Yomoni.

Le DCA : la stratégie des petits versements

Investir 100 € par mois, c'est faire du Dollar-Cost Averaging (DCA) sans le savoir.

Principe : investir une somme fixe à intervalles réguliers, quel que soit le prix. Pas besoin de chercher le bon timing.

Exemple : 100 € par mois dans un ETF World.

  • Mois 1 : l'ETF est à 100 €, vous achetez 1 part
  • Mois 2 : l'ETF est à 80 €, vous achetez 1,25 part
  • Mois 3 : l'ETF est à 120 €, vous achetez 0,83 part

Résultat : vous achetez plus quand c'est bas, moins quand c'est haut. Prix moyen est lissé.

La recherche : Vanguard (2012) compare DCA et Lump Sum. Le Lump Sum performe mieux dans 66 % des cas. Mais le DCA réduit le risque psychologique : pas de panique si le marché chute après l'investissement.

Une étude de Brennan, Li et Torous (2005) montre que le DCA fonctionne particulièrement bien sur des marchés volatils avec tendance haussière long terme — exactement le profil des indices mondiaux diversifiés.

Sans capital de départ, le DCA est souvent la seule option. Et c'est une excellente stratégie.

C'est contre-intuitif mais, avec le DCA, les baisses de marché sont une bonne nouvelle. Vous achetez plus de parts pour le même montant. Rappelez-vous bien ça lorsque le marché sera au plus bas.

Ce que j'ai appris

Investir avec peu de moyens, c'est possible. Mais il faut accepter les contraintes.

Les frais comptent. Sur un petit capital, 1 % de frais en plus = des milliers d'euros perdus sur 20 ans.

La simplicité paie. Un ou deux ETF diversifiés suffisent.

La régularité bat le timing. Verser chaque mois, que le marché monte ou descende, libère du stress.

La patience est obligatoire. Il faut des années pour voir l'impact. C'est frustrant au début. Les intérêts composés finissent par faire leur travail.

Avec un capital important à placer d'un coup, consultez mon article sur comment investir une grosse somme.

Pour aller plus loin

Et vous ?

Partagez votre expérience et vos réflexions en commentaire.

Pour continuer la conversation

Si ce genre de réflexion vous parle, si vous avez vous aussi un projet qui vous trotte en tête, ou si vous voulez simplement suivre mon chemin vers l'indépendance financière après 40 ans…

Abonnez-vous à la newsletter.

Pas de spam. Promis. Juste un email, de temps en temps.

S'inscrire à la newsletter FI After 40