Vous pensez payer 0,1 % de frais avec vos ETF ? Le spread est un coût souvent négligé qui peut dépasser les frais annuels affichés.
Comme je l'explique dans mon guide sur comment sélectionner un ETF, ce coût invisible mérite votre attention. C'est l'un des aspects souvent oubliés dans l'investissement passif.
Qu’est-ce que le spread ?
Le spread (ou bid-ask spread) est la différence entre le prix d'achat (ask) et le prix de vente (bid).
C'est un coût qui n'apparaît pas dans les frais annuels affichés. Ces coûts invisibles peuvent impacter vos rendements à long terme.
Exemple concret :
- Prix de vente (bid) : 100,00 €
- Prix d'achat (ask) : 100,50 €
- Spread : 0,50 € soit 0,5 %
Vous achetez à 100,50 €. Si vous revendez immédiatement, vous vendez à 100,00 €. Perte instantanée : 0,5 %.
Pourquoi est-ce un coût réel mais invisible ?
Ce coût est payé à chaque transaction. Dès que vous achetez, puis à nouveau quand vous revendez.
Sur les ETF peu liquides, le spread peut atteindre 0,25 % à 1 % par transaction. Sur un aller-retour, cela représente 0,5 % à 2 % de coût total.
Qui encaisse le spread ?
Les market makers encaissent le spread. Ce sont des entreprises spécialisées (Jane Street, Virtu, Flow Traders, Optiver) qui achètent et vendent en continu.
Leur rôle : garantir qu'il y a toujours un acheteur et un vendeur disponible. Leur rémunération : la différence entre le prix d'achat et de vente.
Comment réduire l'impact du spread ?
Comme je le souligne dans mon article sur les principes d'investissement en bourse, la gestion des coûts est essentielle pour maximiser vos rendements à long terme.
Facteurs qui influencent le spread
Le spread varie selon trois facteurs principaux.
La liquidité de l'ETF
Plus l'ETF est échangé, plus le spread est faible. Les ETF sur indices larges (MSCI World, S&P 500, STOXX Europe 600) ont généralement des spreads inférieurs à 0,10 %. Pour comprendre ces indices, consultez mon guide pour déchiffrer le nom d'un ETF.
Les ETF de niche ou sectoriels peuvent avoir des spreads de 0,3 % à 1 %.
L'heure de trading
Le spread est plus large à l'ouverture (9h-9h30) et à la fermeture (17h30-18h) des marchés.
Meilleure période : 10h-16h, quand les marchés européens et américains se chevauchent. La liquidité est maximale.
La volatilité du marché
En période de forte volatilité, les market makers élargissent le spread pour se protéger du risque. Lors des corrections de marché, les spreads peuvent doubler ou tripler. C'est pourquoi le timing en bourse est si difficile à maîtriser.
Comment limiter l'impact du spread
Trois pratiques simples réduisent ce coût :
Utilisez des ordres à cours limité. Vous fixez votre prix maximum d'achat. Vous ne payez jamais plus que prévu. Les ordres "au marché" vous exposent au spread complet. Cette discipline distingue l'investissement du trading.
Privilégiez les ETF liquides. Vérifiez l'encours (minimum 500 M€) et le volume quotidien (minimum 5 M€). Plus il y a de transactions, plus le spread est étroit.
Tradez aux heures optimales. Évitez l'ouverture et la fermeture. Privilégiez la mi-journée quand la liquidité est forte.
Conclusion
Le spread est un coût réel qui n'apparaît pas dans votre relevé de compte. Sur les ETF peu liquides, il peut dépasser les frais de gestion annuels.
Trois actions le réduisent : ordres limités, ETF liquides, horaires optimaux. Ces bonnes pratiques préservent vos rendements à long terme, même si vous investissez avec peu de moyens.
Pour approfondir la gestion des coûts d'investissement, consultez mon article sur la gestion du risque en investissement. Si vous construisez votre stratégie, découvrez aussi l'investissement actif vs passif.
Et vous ?
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