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Pourquoi j'ai arrêté d'investir dans les actifs alternatifs

Un couple de gens simples entre dans un hôtel de luxe. Symbole du décalage entre les investissements pour les riches et les particuliers.

Quand j'ai commencé à investir sur les marchés financiers, j'ai rapidement été séduit par les actifs alternatifs — sans doute parce que j'aime être à contre-courant.

Il devait bien exister quelque chose de mieux que les actions et les obligations. Trop ennuyeux, pas assez smart.

Les grands investisseurs institutionnels — fonds de pension, universités américaines, family offices — ne peuvent se tromper. Ils allouent une part significative de leur portefeuille à ces alts : private equity, hedge funds, managed futures, immobilier non coté… On se dit :

si ça marche pour eux, pourquoi pas pour moi ?

J'ai pris ça au sérieux. J'ai construit un portefeuille diversifié autour des grandes classes d'actifs, dont les stratégies alternatives : ETF de matières premières, cat bonds, CoCo bonds, arbres en forêt…

Aujourd'hui, j'ai changé d'avis. Après avoir pris du recul, j'ai décidé de simplifier radicalement mon allocation. Voici pourquoi.

La qualité, c'est pour les riches

La vérité que personne n'aime entendre : les meilleurs actifs alternatifs ne sont pas accessibles aux petits investisseurs. Et ceux qui le sont ne sont généralement pas les meilleurs.

On parle beaucoup de démocratisation des alternatives. Blackstone, KKR, Apollo — tout le monde lance des produits grand public. Même en France, de plus en plus d'assurances-vie proposent d'investir dans le non-coté. Sauf que les chiffres racontent une autre histoire. Une étude de la Harvard Law School mesure un écart de 2,7 points par an entre les fonds accessibles au grand public et ceux réservés aux investisseurs qualifiés. Le CFA Institute montre que la surperformance du private equity s'est érodée depuis l'afflux massif de capitaux — et que plus de 85 % des fonds n'ont pas restitué le capital dans les délais prévus.

On nous vend l'accès aux mêmes approches que les grands… Sauf que ce n'est pas la même chose. À mesure qu'une stratégie devient populaire et accessible, sa performance se dégrade.

Ce n'est pas fait pour moi

J'ai aussi réalisé que ces produits ne répondent pas à mes objectifs.

Les arguments reviennent sans cesse : réduire la volatilité, protéger le capital, se couvrir contre l'inflation. Tout ça se résume à un objectif : protéger ce qu'on a déjà. C'est pertinent pour un rentier. Pas pour moi.

Mon horizon est de plusieurs décennies. Je suis en phase d'accumulation. Ce que je veux, c'est maximiser la croissance.

Sur le long terme, la meilleure solution reste les actions mondiales. Le MSCI World fait du 8 à 10 % annualisé sur les dernières décennies. C'est ennuyeux. C'est aussi très efficace.

J'ai donc décidé de passer à 100 % ETF actions monde. Plus de matières premières, plus de satellites. Et la gestion de mon portefeuille est encore plus simple.

Quelle leçon peut-on tirer de cette expérience ?

Personnellement, je trouve que les stratégies alternatives sont passionnantes à explorer. Si ça vous intéresse, je vous recommande de lire Efficiently inefficient de Lasse Heje Pedersen. Certains gérants sont très bons et arrivent à créer de l’alpha. Mais ils ne travaillent pas pour les particuliers. Les meilleurs produits sont réservés aux investisseurs qualifiés, capables de prendre des risques élevés et d’attendre longtemps.

Un bon investissement n’est pas celui qui est original ou sophistiqué. C’est celui qui est adapté à vos objectifs. Pour moi, c’est simple : du DCA sur un ETF monde et aucune décision tactique. Le reste du temps, je le consacre à augmenter mes revenus et travailler sur mes projets comme Cashbah.

Cela dit, simplifier son portefeuille avec des ETF ne règle pas tout. Avec plus de 15 000 ETF cotés dans le monde, choisir est devenu aussi compliqué qu'avant. On en parle dans le prochain article.

Et vous ?

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