Je parle beaucoup d'investissement sur ce blog.
D'ailleurs, ça a fini par déteindre sur mon fils.
Comme je l'ai annoncé précédemment, à 16 ans, il vient de commencer une alternance et il reçoit ses premiers salaires.
Il a peu de frais, ce qui lui permet d'épargner environ 50 % de ce qu'il gagne.
Mais l'autre jour, il me dit qu'il voudrait commencer à faire du trading, acheter de la crypto, histoire de faire fructifier son capital
.
Bref, tout le cortège d'idées reçues que distillent les finfluenceurs sur les réseaux sociaux.
Après lui avoir expliqué la différence entre trading et investissement, je me suis rappelé les bons conseils du livre The Wealth Ladder, que je viens de finir.
En réalité, il existe un moment dans la vie où investir n'est pas forcément une bonne idée.
Les échelons de la richesse
The Wealth Ladder propose une idée simple : la richesse se construit par étapes.
Chaque étape a ses contraintes, ses leviers et ses priorités.
Au bas de l'échelle, on échange du temps contre de l'argent.
Le revenu dépend directement du salaire, il est plafonné, et le levier est faible.
À mesure qu'on progresse, la logique change : on vend des compétences, puis des produits, puis on bâtit une entreprise qui tourne sans nous.
Le revenu augmente non pas parce qu'on travaille plus, mais parce qu'on utilise un levier différent.
L'investissement financier a du sens une fois l'échelon suivant atteint, pas avant.
Investir en soi avant d'investir son argent
Quand on débute, le rendement des actifs financiers est souvent surestimé parce que les montants investis sont faibles.
Un salarié qui gagne 1 500 € par mois et épargne 700 € investis à 8 % par an atteindra, au bout de cinq ans, un capital d'environ 50 000 €.
Pas mal, mais l'impact reste faible.
À l'inverse, investir dans des compétences peut modifier la trajectoire de manière significative.
Si ces compétences permettent de passer de 1 500 € à 3 000 € par mois, le gain est de 1 500 € supplémentaires chaque mois.
La différence ne se joue pas sur le rendement des investissements.
Elle se joue sur le revenu.
Dans l'Almanack of Naval Ravikant, l'auteur parle de specific knowledge : des compétences rares, construites avec l'expérience, directement liées à la création de valeur.
Vendre son temps a ses limites
Quand on vend son temps, le plafond est vite atteint.
Même très bien payé, on reste limité par le nombre d'heures disponibles.
Un cadre supérieur et un salarié partagent la même contrainte : le revenu reste proportionnel au temps vendu.
Changer d'échelon suppose de créer quelque chose qui se duplique.
Un produit, un service, une entreprise, une expertise reconnue.
Ces compétences ne s'acquièrent pas en suivant les cours de bourse.
Elles se construisent avec du travail et du temps.
Les priorités au premier échelon
Quand on est jeune avec un revenu modeste, voici les priorités sur lesquelles on devrait se concentrer.
D'abord, une épargne de sécurité.
Trois à six mois de dépenses sur un support sans risque, comme un Livret A.
Elle sert à absorber les imprévus et à éviter les décisions sous contrainte.
Ensuite, investir dans les compétences.
Techniques, commerciales, relationnelles.
Tout ce qui facilite le passage à l'échelon suivant.
Enfin, l'expérimentation.
Créer un service, lancer un produit, développer un petit projet.
C'est là qu'on comprend comment la valeur se crée réellement.
Remarquez que l'investissement en bourse n'apparaît nulle part dans cette liste.
Quand l'investissement financier devient pertinent
L'investissement financier devient pertinent quand investir en soi rapporte moins qu'avant.
Concrètement, quand les revenus sont confortables, les compétences clés sont acquises, les projets ont été lancés, et on génère plus qu'on ne peut réinvestir efficacement.
À ce moment-là, placer son argent permet de diversifier, de stabiliser et de protéger ce qui a déjà été construit.
Construire des actifs
Naval Ravikant résume bien l'objectif :
Seek wealth, not money or status. Wealth is having assets that earn while you sleep.
Un actif n'est pas seulement un produit financier.
C'est tout ce qui génère de la valeur sans intervention directe permanente.
-
Un produit SaaS.
-
Une audience.
-
Une expertise.
-
Un réseau.
-
Une réputation.
Ces actifs ne s'achètent pas.
Ils se construisent patiemment.
Pas de raccourci
Le marketing du trading et des cryptomonnaies vend l'idée qu'on peut passer directement de salarié à rentier.
C'est possible. Comme gagner au loto est possible. Ou en se privant de tout pendant 20 ans, comme le prône le mouvement FIRE.
Mais ce n'est pas une stratégie viable pour la plupart.
Et sans compétences solides, même un gain important reste fragile. On ne compte plus les stars et les gagnants du loto qui ont dilapidé leur fortune.
Les trajectoires durables suivent presque toujours la même logique :
- on devient très bon dans un domaine pour augmenter le revenu,
- on trouve un moyen de se démultiplier (produit, service, entreprise, investissement),
- on construit quelque chose qui génère des revenus sans nous.
Conclusion
Naval Ravikant conclut son Almanach par cette phrase :
A fit body, a calm mind, a house full of love. These things cannot be bought — they must be earned.
La richesse financière n'est qu'une partie de l'équation.
L'enjeu réel, c'est le contrôle : pouvoir dire non, choisir ses contraintes, orienter sa vie.
À 16 ans, cette trajectoire ne commence pas par la bourse.
Elle commence par l'apprentissage, l'expérimentation et la création de valeur.
Mon fils aura tout le temps d'investir en bourse.
En revanche, le temps pour développer des compétences clés est compté.
Il faut bien choisir ses priorités.
Et vous ?
Partagez votre expérience et vos réflexions en commentaire.

